C’est au nom des trois organisations : AICRA (Association Intercantonale des retraités Agricoles), Confédération Paysanne, Modef (Mouvement de Défense des Exploitations familiales), toutes trois membres du collectif gersois que j’interviens et plus particulièrement sur la question agricole.
Toutes trois opposées au projet de réforme de la loi, nous réaffirmons que le financement du régime des retraites ne relève pas d’abord d’un problème démographique mais d’un problème politique.
Nous proposons donc des solutions pour sauver le système des retraites par répartition, né du Conseil National de la Résistance en 1945, « où chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins », système attaqué sans cesse depuis par les gouvernements de droite et plus encore par celui-ci et le patronat de Laurence Parisot.
Quelle honte lorsque l’on voit une conjointe d’agriculteur qui ne touche que 400 € par mois en moyenne avec des minima qui descendent à seulement 91 €, alors que le seuil de pauvreté en France est à 910 €. Que dire des retraites de veuves qui sont écrêtées à cause de la pension de réversion de leurs conjoints. Alors que ces femmes ont travaillé très dur pendant leur activité, aidant leur époux aux champs car la mécanisation des campagnes n’était qu’à son début et après leur dur labeur aux champs, élevaient leurs enfants et tenaient leur maison sans le confort que l’on connaît à l’heure actuelle.
La pénébilité physique et morale doit être prise en compte de façon globale pour le métier d’agriculteur. N’oublions pas les situations financières désespérées dans les campagnes dues à la politique agricole commune, sous l’égide de l’Union Européenne et de l’Organisation Mondiale du Commerce.
Malgré l’embellie des prix des céréales cette année, qui ne profitera pas à tous les agriculteurs, alors qu’ils viennent de subir 2 années de pertes à plus de 54 % sur leurs revenus des années 2008 et 2009. Les agriculteurs fragilisés ne pourront refaire leur retard sur une seule campagne.
Les situations dramatiques font que la profession agricole est en France en tête pour le nombre de suicides professionnels, avec pratiquement un suicide par jour et cela personne n’en parle ou que très peu. Certains sont même déguisés en accident de la circulation ou du travail, pour que les dettes soient effacées et ne pas compromettre l’avenir de la famille, les emprunts étant remboursés par les assurances décès obligatoires.
Pour cela nous revendiquons la reconnaissance de la pénibilité de notre profession, le maintien de la retraite à 60 ans et 37,5 annuités à 85 % du smic, soit 1 000 € mensuel pour toutes et tous agricultrices et agriculteurs.

Nous proposons de :
Supprimer le plafonnement des cotisations vieillesse agricole
Mise en place de taux de cotisations progressives pour que les « gros » aident au financement des cotisations des petits.
Mise en place d’une cotisation de solidarité sur les bénéfices de l’agroalimentaire, la grande distribution et les banques agricoles.
Taxer les bénéfices financiers au-dessus d’un seuil à définir.
Instituer une taxe sur le foncier agricole qui pourrait s’appliquer au-delà d’une surface ou équivalent surface de 200 ha par actif familial ou associé d’exploitation.
Instituer une taxe solidarité vieillesse agricole sur les terres retirées de l’agriculture.
Vous allez dire « ils sont en contradiction ; d’un côté ils ne veulent pas augmenter les actifs et d’une autre ils les taxent ». Nous ne taxons que les plus gros, ce qui aura pour effet de freiner la course à l’agrandissement et au maintien d’une agriculture à taille humaine.
Pour cela nous serons dans la rue le 7 septembre pour défendre ce que nos ainés ont obtenu au prix de grands sacrifices.
Nous ne nous laisserons pas influencer par les sirènes du populisme, qui font la une des médias en faisant des « gens du voyage » des boucs émissaires pour étouffer le vent de colère qui gronde sur cette réforme. Ce n’est pas les médias à la solde du pouvoir, du patronat et du « petit prince » qui feront que nous ne nous mobiliserons pas.
Le 7, tous dans la rue, jeunes, actifs, retraités pour faire reculer le gouvernement et sauver notre système qui est le garant de la solidarité.
Celui qui se bat peut perdre.
Celui qui ne se bat pas a perdu. [1]


