Mardi 1er février 2011 entre 20h et 22h, une réunion s’est tenue à la salle polyvalente du Garros (Auch) sur l’avenir des écoles du quartier. Elle a rassemblé une centaine de personnes (parents d’élèves, élus locaux, membres de la communauté éducative, habitants du Garros, représentants syndicaux).
I/ La première partie de la réunion a permis de faire le point sur la situation des écoles du quartier.
1/ Actuellement, les 4 écoles du Garros (soit 15 classes) accueillent plus de 260 enfants du quartier. Il s’agit des écoles maternelles Jean Rostand 1 et 2 (4 classes, 75 élèves soit +18 élèves/classe pour chaque école), de l’école Marianne (3 classes, 54 élèves soit 18 élèves/classe) et de l’école d’Artagnan (4 classes, 60 élèves soit 15 élèves/classe).
2/ Les écoles ont été informées d’une menace de fermeture de 3 postes à la rentrée 2011 (1 à Jean Rostand 1, 1 à Jean Rostand 2, 1 à d’Artagnan). C’est donc 20% des classes du Garros qui seraient supprimées.
3/ Le contexte est défavorable aux écoles du quartier depuis quelques années :
Le poste de coordinateur ZEP a été supprimé il y a 3 ans.
Les écoles du Garros ont perdu leur label ZEP (elles seraient depuis 2009 en réseau de réussite scolaire (RRS) ).
Les écoles ont perdu 4 postes d’EVS (emplois de vie scolaire) depuis l’année dernière.
La décharge de direction n’a été renouvelée qu’à la mi-année à l’école Marianne.
Les ¾ de postes vacants sur le RASED (réseaux d’aide aux élèves en difficultés) cette année (correspondant à des temps partiels) n’ont pas été remplacés.
Les formations ZEP pour les enseignants sont réduites progressivement au cours des années d’une semaine à 2 jours puis 1 jour (elles permettaient des réflexions sur les coopérations et liaisons entre écoles, la préparation des projets communs, l’analyse globale des difficultés rencontrées par les élèves).
La suppression de RASED sur la ville d’Auch, qui implique une diminution du temps de présence des enseignants de RASED sur les écoles du quartier.
La suppression des moyens de remplacements qui permettaient les entretiens individuels de fin de trimestre entre les parents et enseignants à l’école d’Artagnan.
4/ Les conséquences
La fermeture de 3 classes correspondrait en fait à la perte de 4 postes (en raison de la perte des décharges de direction pour les écoles concernées).
La fermeture du 20% des classes entraînerait soit l’augmentation du nombre d’élèves par classe de 17 à 22 soit la baisse du nombre d’élèves dans les écoles avec de nouveaux risques de fermetures dans les années à venir.
Avec le nouveau label "RRS", les taux de fermeture et d’ouverture sont les mêmes que ceux de l’ensemble du département et ne tiennent plus compte des spécificités du quartier.
Des conséquences sur le suivi, l’encadrement des élèves, l’individualisation des prise en charge. Des conséquences sur l’accueil et la prise en charge des familles en raison de la disparition des décharges de direction.
II / Les prises de paroles
1/ Les enseignants ont rappelé leur engagement pour la réussite scolaire des élèves qui leur sont confiés : actions pédagogiques et culturelles autour de projets en partenariat avec la bibliothèque municipale, l’école de musique, le musée des Jacobins, ou le CIAS. Ils ont aussi insisté sur le travail collectif mené par les équipes des 4 écoles du Garros : travail sur l’apprentissage de la langue et de l’orthographe, décloisonnement GS-CP, tutorat entre les élèves de l’école d’Artagnan et les CE1 de l’école Marianne, projet thématique des 4 écoles sur l’Afrique en 2010 (carnaval africain au Garros, exposition au musée municipal), projet "Grandir" en 2011 (enquête inter-générationnelle avec le CIAS, prix littéraire Chronos, etc.).
Les enseignants estiment que ce travail portent ses fruits et permet aux élèves du quartier de faire de bons parcours au collège.
Ils redoutent que ces efforts soient remis en cause par la diminution des moyens attribués aux écoles du quartier tant sur les apprentissages que sur le "vivre ensemble". Ils s’inquiètent aussi des conséquences des suppressions des décharges de direction sur le travail de scolarisation, d’accompagnement et de suivi mené auprès des familles.
2/ Les parents d’élèves se sont inquiétés des possibilités de suivi de leurs enfants si le nombre d’élèves par classe passait de 17 à 22. Certains parents se sont inquiétés de devoir scolariser leurs enfants dans d’autres écoles de la ville si les écoles du quartier ne pouvaient plus les accueillir. Les possibilités de scolarisation des "2 ans" dans les années qui viennent a aussi suscité des interrogations. Des parents se sont interrogés sur les critères utilisés par l’Education Nationale pour décider de la fermeture de classes sur le quartier. Certains parents ont été choqués que les écoles aient perdu le label "ZEP" sans que les parents d’élèves et les enseignants n’en soit informés et sans qu’il y ait de concertation. Des parents ont rappelé l’importance de la présence d’écoles de proximité sur le quartier et le maintien des classes.
3/ Des habitants du quartier ont fait le lien avec d’autres préoccupations liées à la vie du quartier (maintien des commerces, de l’agence du Crédit Agricole, pérennité du centre social, suppression de postes au lycée du Garros) et leurs craintes que le quartier ne soit laissé à l’abandon. Ils ont insisté sur l’importance de la vie de quartier qui doit garder ses établissements scolaires, ses commerces et ses structures sociales pour "ne pas devenir une cité-dortoir".
4/ Les représentants des syndicats d’enseignants ont fait le lien avec la situation nationale : annonce de 16000 suppressions de postes dans le 1er degré, démantèlement des RASED, éclatement de l’éducation prioritaire en une multitudes de dispositifs bénéficiant de moins de moyens, augmentation du nombre d’élèves par classe.
5/ La Mairie, par la voix du maire, M. MONTAUGÉ et de Mme DASTE-LEPLUS (adjointe éducation&scolaire), s’est inquiétée des attaques contre l’Éducation Nationale et a rappelé son effort financier, humain et pédagogique (clubs "Coup de pouce") à destination des écoles du quartier. Monsieur le Maire a rappelé son attachement à cet investissement majeur qu’est l’éducation et à l’importance de donner aux générations d’écoliers la possibilité de réussir quelque soit leur situation. La Mairie a rappelé les actions en cours pour faire vivre le quartier du Garros.
Des actions sont en cours : pétition de soutien diffusée par les parents d’élèves, dans les commerces du quartier et mise en ligne sur http://ecoles.garros.auch.free.fr ; demande de rendez-vous par les parents auprès de l’Inspecteur de circonscription, demande de rendez-vous par les enseignants auprès de l’Inspecteur d’Académie.
Les parents d’élèves souhaitent rester mobilisés. D’autres actions sont prévues. Les suppressions de postes sur le département seront annoncées officiellement mi-février par l’Inspecteur d’Académie.
Vous pouvez signer la pétition sur le site...