GERS PAUC A PAUC

| Accueil
@GORA 32

 Histoire

Tout commence à Toulouse au début du mois d’avril 2011 où des membres de notre collectif rencontrent les travailleurs sociaux du GPS (Groupement pour la défense du travail social).

En lutte depuis le mois de décembre 2008, le Gps dénonce les atteintes portées aux usagers du secteur social. Pour ce faire, ils multiplient les actions en faveur du droit des usagers.

Face à la remise à la rue le 31 mars 2011 de personnes en situation de très grande précarité, généralement des personnes âgées, dépendantes, malades ou en fin de vie, le gps a dans un premier temps occupé la cathédrale St Etienne, afin d’interpeller l’État pour qu’il prenne ses responsabilités. Car il y a urgence. En effet, la mise à l’abri de certains de ces grands précaires était une question de vie ou de mort. Des médecins prédisaient que si certains restaient encore trop longtemps dans ces conditions ils risquaient de mourir.

Après s’être fait expulsés manu militari de la cathédrale, ils décidèrent de réquisitionner un bâtiment illégalement pour mettre à l’abri ces grands précaires. Ces travailleurs sociaux, n’ayant aucune expérience en matière de réquisition, ont cherché des gens susceptibles de les aider. C’est là que certains individus de notre collectif plus expérimentés en matière de réquisition sont rentrés en action. Ils leur ont donné un coup de main à réquisitionner un bâtiment vide depuis quatre ans qui était à l’origine affecté au centre de formation de l’Afpa.

L’Afpa subissant la plus grande restructuration de son histoire ne gère plus les formations pour lesquelles le bâtiment lui avait été affecté. Le 26 avril 2011, les travailleur sociaux et les membres de notre collectif investissent le bâtiment et y logent dans l’urgence vingt-cinq grand précaires. L’histoire ne s’arrête pas là.

Ce bâtiment fait partie d’un ensemble dont la moitié reste encore inoccupé. Pendant toute la durée de préparation de l’action, des liens se sont créés entre nous. Ces travailleurs sociaux font le constat qu’une cinquantaine de familles, qui tous les soirs dormaient à la rue avec des enfants, vivaient dans une précarité extrême et avaient perdu tous leurs repères. C’est là que les individus de notre collectif font appel à toutes les personnes de bonne volonté qu’ils connaissent pour leur proposer de monter une association et de réquisitionner la dernière partie du bâtiment pour y loger les familles à la rue. Cette association a pris le nom de Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion, plus connu à Toulouse sous le nom Crea. Le 28 avril, la dernière partie du bâtiment fut réquisitionnée et neuf familles furent logées par la suite. Le Crea et leur soutien ont lancé une campagne qui avait pour objectif de réquisitionner des lieux jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une seule famille à la rue. Depuis, 150 personnes furent mises à l’abri.

Aujourd’hui, des individus à l’origine du Crea et des familles hébergées dans le cadre de cette action citoyenne décident de s’associer afin de réquisitionner une terre laissée à l’abandon depuis des années et de monter un projet social et agricole qui se veut novateur et émancipateur.

Samedi matin à 6h, notre collectif avait donné rendez vous à ses soutiens sur un parking de L’isle jourdain afin qu’ils rejoignent ceux qui depuis plus de 72 heures occupé discretement le domaine, afin que tous ensemble nous lançions l’ouverture officielle.

 Notre projet s’articule autour de trois grand axes :

Axe 1) Le retour à l’agriculture paysanne respectueuse de l’environnement.

Nous allons créer une Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) ou une EURL (entreprise uni-personnelle à responsabilité limitée) à vocation sociale de par le public qu’elle emploiera : des jeunes âgés de 18 à 25 ans sans qualification ou vivant dans des conditions sociales difficiles.

Axe 2) Hébergement social.

Nous allons aménager trois appartements autonomes susceptibles d’accueillir dans un délai très court des femmes avec enfants victimes de violence pour les mettre à l’abri et leur permettre de reconstruire leur vie dans un lieu sécurisé.

Hébergement de familles pouvant ou souhaitant s’insérer dans une vie collective.

Axe 3) La mise à disposition de locaux aux individus, collectifs, associations qui en sont dépourvus.

Nous pensons que si l’humanité veut subsister, elle doit changer immédiatement avant qu’il ne soit trop tard et que le changement doit venir d’en bas car les énarques qui nous dirigent n’ont plus conscience des réalités et, par leurs décisions, mettent en péril notre avenir.

Nous prônons le retour à une agriculture paysanne. En 1955, le pays comptait 2,5 millions d’exploitations agricoles, il n’en compte plus aujourd’hui que 590 000. En 1955, l’agriculture employait 6,2 millions de personne soit 31 % de l’emploi total en France, depuis la sur-mécanisation, il n’en reste plus que 1 million. Le Gers et L’isle Jourdain sont déjà la cible de gros promoteurs à la recherche d’opérations juteuses qui rachètent les terres agricoles pour en faire des résidences où il ne fait pas bon vivre et où les loyers sont hors de prix, sans compter qu’ils participent à l’augmentation des loyers. Bientôt les prix s’aligneront sur ceux de Toulouse.

Le Gers est aussi la cible des chasseurs de gaz de schiste qui n hésiteront pas à empoisonner nos nappes phréatiques et à détruire notre environnement.

Nous vivons dans un monde très dur du chacun pour soi où les enfants et les personnes âgées crèvent chez eux ou dans la rue.

Nous vivons dans un monde divisé où l’on stigmatise l’autre, où le sentiment de faire partie d’un tout a cédé la place à l’égoïsme et à l’individualisme.

Pour nous, la meilleure façon de combattre ce cancer qui détruit le monde c’est de proposer, de faire ! « Car pour nous un autre monde est possible mais surtout nécessaire sinon c’est l’humanité qui court à sa perte. »

Ce que nous demandons c’est de pouvoir utiliser le domaine des Quintarets pendant trois ans afin de, dans trois récoltes et avec le fruit de notre travail, gagner suffisamment d’argent pour un jour acheter nos terres et inscrire ce projet dans la durée.

En temps que fils et petits-fils d’ouvriers, nos parents malgré toutes leurs années de travail n’ont jamais pu avoir de quoi nous laisser un pécule en héritage avec lequel on aurait pu investir.

Nous voulons créer notre propre outil de travail, un outil de travail qui se voudra sain, social, responsable.

On en a marre du discours qui voudrait nous faire croire qu’il n’y a aucun problème de chômage en France et que les vrais responsables seraient les gens qui ne veulent pas travailler et qui préfèrent profiter de la somme misérable versée par les allocations familiales.

Voila nous ce qu’on veut. Préserver notre dignité. On en a marre d’être utilisé et stigmatisé de façon démagogique à des fins politiques.

Laissez-nous utiliser cette terre laissée à l’abandon depuis des années. Laissez-nous en faire quelque chose de beau en accord avec nos principes.

A la lecture de ce projet, il vous faudra sûrement faire appel à votre indulgence car effectivement il n’est pas parfait. Nous sommes issus du prolétariat voire de ce que nous appelons le sous-prolétariat, beaucoup d’entre nous ont dû arrêter l’école très jeune pour aller travailler et nous n’avons accédé que très irrégulièrement aux outils (habituellement réservés à une certaine élite) permettant la compréhension du monde et de ce fait de pouvoir envisager de s’en émanciper.

Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté du Gers du 31 et d’ailleurs à venir nous soutenir que cela soit par sa force de travaille, par des lettres ou simplement en passant boire un café pour discuter. Nous sommes à la recherche de matériel agricole de semi ou de plants, de volailles en tout genre et d’argent.

Vous pouvez passer tous les jours de 9h a 12h et de 14h a 18h
N’ hesitez pas à nous apeller avant...

 Adresse et contacts

Domaine autogéré des quintarets
32600 L’isle Jourdain
Départemental 634 direction Samatan Lombez
Lignes SNCF Toulouse- Auch
Mail : domaineautogeredesquintarets@gmail.com

Blog : http://domaineautogeredesquintarets.wordpress.com/

Facebook : domaineautogeredesquintarets

 Quelques vidéos

Des vidéos à propos des actions du GPS et du CREA à Toulouse sur le site de Tvbruits (la télévision associative pour l’émancipation)

2 commentaires
  • Samedi 2 juin 6h du matin, les soutiens rejoignent l’équipe qui s’ était installée discrètement dans le château des Quintarets depuis le mercredi 30 mai.

    Dès leur arrivée, la banderole fut installée et tout le monde a bu le café au bord de la route départementale D634 ! Trente minutes après, les habitants ont appelé la gendarmerie pour les informer de leur nouveau domicile. Les gendarmes leur ont proposé de passer directement à la gendarmerie. Arrivés là-bas, les habitants ont expliqué que l’occupation du lieu était une réquisition. Après avoir vérifié les identités de chacun, un échange cordial a eu lieu et les habitants ont remis un projet aux gendarmes présents.

    Ensuite, les habitants et leur soutiens partent à la rencontre de nos voisins qui nous ont fait un bon accueil. Ce premièr contact fut l’occasion pour nos voisins de constater que nous étions des gens comme tout le monde et de voir qu’ils étaient ouverts à la discussion, intéressés par les raisons de notre venue. A cette occasion, nous avons pu les rassurer sur notre projet d’hébergement de familles et ils se sont vite rendu compte que nous bénéficions d’une première expérience dans ce domaine grâce à la campagne de réquisition « O enfants à la rue » qui est elle-même un héritage des pratiques collectives de nos prédécesseurs. Une partie de nos voisins étant agriculteurs, nous avons pu échanger longuement sur les problèmes posés par l’agriculture industrielle et intensive. Nos voisins en effet se voient imposés des mesures dans le cadre de la politique agricole commune qui les mettent en difficulté financières, leurs efforts ne leur permettent pas de gagner leur vie, voire les endettent.

    Après avoir salué nos voisins, une partie du groupe est parti à l’Isle-Jourdain afin de rencontrer des Lislois, leur annoncer l’ouverture officielle du domaine et expliquer notre projet centré sur l’entraide sociale et le développement durable, à travers une agriculture respectueuse de l’environnement, et à échelle humaine.

    Samedi, étant le jour de marché, nous avons rencontré les partis politiques en campagne pour les législatives. A cette occasion, nous en avons profité pour glisser notre projet dans les mains du Maire de l’Isle-Jourdain, M. Tourné, qui nous a reçu froidement et qui nous a directement rétorqué que la mixité-sociale pouvait parfois se heurter à la propriété privée. Un voisin venu nous voir le lendemain nous en a effet informé que le Maire avait un projet sur ce lieu.

    D’autres élus ont été plus attentifs à notre démarche, comme M. Davezac, ancien maire adjoint et élu de la communauté de commune ou des militants du Front de Gauche qui nous ont remercié de faire le travail.

    Les citoyens lislois ont vu notre projet d’un autre oeil. Sans grande surprise, ils savaient que le Château était vide et inutilisé depuis longtemps et étaient contents qu’il revive à nouveau. Ils accueillirent notre projet d’entraide sociale et d’agriculture locale et responsable avec enthousiasme. Conscients des problèmes sociaux qui touchent notre société et sensible aux problèmes de l’agriculture dans le Gers, ils nous ont encouragé dans notre démarche, en prenant notre projet pour le faire lire à leurs amis et voisins ou en nous indiquant les associations locales proches de nos idées.

    Nous avons un besoin urgent de materiel agricole (tondeuse,debroussaileuse,tronceuneuse),d’un plombier ayant des connaissances en pompe a eau, de semis ou plants, d’un electricien : voilà !

    Si vous n’avez rien de tout cela, passez nous donner un coup de main ou discuter du projet.

  • Châtelin un jour, châtelin JAMAIS !

    Rencontre et pic nic (selon meteo) au domaine des Quintarets.

    COMMUNIQUE SUR LA SITUATION

    Chers Lislois, chères Liloises,

    Nous nous adressons à vous afin de vous tenir informés de la situation.

    En réquisitionnant le château des quintarets pour héberger provisoirement notre projet, nous suspections que ce château était l’objet d’une évasion fiscale, mais ce n’était que la face visible de l’iceberg. Nous ne pensions pas nous retrouver au milieu de combines et de magouilles d’hommes d’affaires.

    Nos propriétaires, durant les quatres années où ils vécurent à l’Isle Jourdain, ont mené grand train de vie, plongeant dans la folie dépensière allant jusqu’à l’endettement en escroquant l’Etat, les banques mais surtout le "petit personnel" et plusieurs artisants du coin.

    En affaire avec des grands noms de l’industrie Française en 2004, ils investissent une très grosse somme qui les conduira dans une spirale politico-financière jusqu’au départ précipité pour la Suisse.

    Aujourd’hui la propriétaire et gérante de plusieurs sociétés dans le monde débarque en force au chateau accompagnée de sa fille et "d’un ami proche" ramené de Suisse ou des Pays-Bas. Elle nous déclare qu’elle est sur le point de se faire expulser de Suisse... et comme par hasard, elle est venu pour s’installer au château qu’elle a abandonné depuis plusieurs années et dans un état délabré.

    Nous l’acceuillons, touché par son histoire, nous décidons de l’inviter elle, sa fille et son ami. Nous proposons alors de discuter d’un accord. Nous avons bien compris depuis qu’elle se jouait de nous. Depuis d’autres informations nous sont parvenues, pour l’instant nous ne pouvons en parler car elles influeront sur la négociation.

    Ce que nous revendiquons, c’est de pouvoir utiliser les lieux laissés à l’abandon mais sûrement pas de s’accaparer le lieu de vie d’autrui quand il en a réellement besoin. Mais en a-t-elle réellement besoin ? Nous prenons l’engagement de quitter les lieux au 30 septembre, ce qui nous laisse le temps d’adapter notre projet d’activité pour les mois à venir et surtout poursuivre les recherches et partenariats pour la suite.

    Ce que nous voulons, c’est devenir agriculteurs et sans apport ou héritage, il est impossible de s’installer, même en travaillant dix ans de plus, nous n’aurons jamais de quoi convaincre un banquier.

    C’est pourquoi nous allons jusqu’à réquisitionner des lieux abandonnés, appartenant souvent à des spéculateurs et escrocs, pour nous loger, pour construire nos projets, pour créer notre outil de travail garant de notre dignité.

    Nous tenons à rappeler que l’agriculture de demain peut aussi être sociale : en revenant à des pratiques respectueuses, harmonisées avec les rythmes naturels et humains, en abandonnant la surmécanisation, la terre aura besoin de main d’oeuvre. Il y a 50 ans, ce secteur d’activité représentait 31% de l’emploi total en France (6,2 Millions de personnes). Chaque exploitation faisait vivre une dizaine de personnes.

    Nous pensons que le chômage est le cancer de la société et reste le grand responsable des problèmes sociaux (errance, délinquance, dépression).

    En tant qu’association, nous proposons de dépasser ce constat par notre projet et sommes ouverts à débattre de cette solution active.

    N’hésitez pas à passer un coup de fil, nous prendrons aussi le temps de passer en ville.

    Les membres de l’association pour l’entraide sociale, l’emancipation et le dévelopemment durable.

@GORA 32 ? - Nous contacter - Abonnez-vous au flux RSS du site RSS - Site conçu avec SPIP par JLG - - Interface privée - -