BAS ARMAGNAC PAUC A PAUC

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@GORA 32

Intervention de Jean-Claude Bauduret, secrétaire d’ATTAC 32, à la réunion publique de Nogaro du 8 juin 2010 organisée par le COLLECTIF CITOYEN GERSOIS [1].

"Le débat public sur les retraites, tel que l’on peut l’apprécier à travers les médias, comporte beaucoup de sous-entendus, des mensonges, des falsifications et un grand tabou sur lequel je reviendrai à la fin de mon intervention."

Tout d’abord je voudrais régler leur compte à deux idées reçues sur les retraités :

La première : les retraités seraient à la charge de la société. En réalité, s’il est vrai que les retraites sont financées par les cotisations des salariés, principe même du régime par répartition, il n’en reste pas moins que ces retraités ont financé lorsqu’ils étaient eux-mêmes salariés, les retraites de la génération précédente. C’est cela qui leur donne des droits à la retraite. Cela s’appelle la solidarité inter-générationnelle.

La deuxième est sous entendue, lorsque l’on parle des retraités par opposition aux « actifs ». En réalité, ceux qui connaissent des retraités savent bien qu’ils ont un agenda chargé. S’ils ne font plus partie de la « population active » au sens de l’INSEE, les retraités ne passent pas leur temps à se tourner les pouces. Ils rendent gratuitement de nombreux services non seulement à leur famille, leurs amis, leurs voisins, mais aussi à la collectivité :

- Les associations caritatives, qui pallient aux carences de l’Etat en matière de solidarité ne fonctionneraient plus ou très mal sans l’apport des retraités.
- Les associations culturelles, qui s’efforcent de mettre la culture à la portée de tous éprouveraient d’énormes difficultés si elles ne pouvaient pas compter sur le dévouement des retraités.
- Il en va de même de la plupart des associations à but non lucratif sportives et autres y compris de certaines coopératives, animées par des bénévoles, dont l’activité sert à financer certains types d’entreprises et créer des emplois utiles.

Les retraités sont créateurs de ce qui manque le plus à notre société : le lien social. Leurs actions bénévoles et gratuites ne sont pas prises en compte dans une société où tout s’achète et tout se vend.

La démocratie communale leur doit une fière chandelle : combien de nos 36 000 communes seraient décapitées, en particuliers en milieu rural, si les retraités démissionnaient de leur poste de maires ou d’adjoints ? Sans doute une ou deux dizaines de milliers.

Cette image des retraités qui se la coulent douce s’accompagne d’un paradoxe. Il existe une autre catégorie d’hommes et de femmes qui eux sont comptés dans la population active, qui sont recrutés parmi les meilleurs élèves des grandes écoles et dont l’activité professionnelle se limite à prononcer 4 mots : « j’achète », « je vends ». Ce sont les traders, payés à prix d’or, leur activité rapporte beaucoup d’argent à la banque qui les emploie, mais contrairement aux retraités, ils ne créent aucune richesse utile à la société.

Seul le travail rémunéré ou bénévole, crée des richesses. Les traders ne fabriquent ni produits ni services, ils spéculent.
Alors que les retraités continuent gratuitement de créer des biens et des services utiles, les traders font « des bulles ».

Je n’en citerais que quelques unes :

- La bulle asiatique qui éclate en 1997, due à la spéculation sur l’expansion des « dragons » asiatiques.
- La bulle « internet » qui éclate en 2000, pari insensé sur l’expansion infinie des sociétés de l’informatique.
- La bulle des « subprimes » en 2007 où la fuite en avant des financiers a conduit à titriser des dettes douteuses puis à les camoufler dans des actifs pourris. 

Spéculant à la milliseconde, on en est arrivé à ce que les transactions financières cumulées se montent à 74 fois le PIB mondial en 2007 [2], 74 fois la richesse réellement créée. Plus que jamais, la revendication qui fut à l’origine de la création d’ATTAC est indispensable : il faut taxer les transactions financières. Après 12 ans de dénigrement de presque toute l’intelligentsia politico-économique, cette proposition est au cœur des débats entre les puissances du G20. Angela Merkel et le chancelier autrichien Werner Faymann sont décidés à la proposer au niveau mondial ou à défaut européen ou à défaut à l’instaurer au niveau national. Mais si sa faisabilité ne peut plus être mise en doute tout n’est pas réglé pour autant. Rien n’est dit ni sur son montant, on n’est pas à l’abri d’une mesure « poudre aux yeux » comme la prétendue suppression des paradis fiscaux qui sont toujours là et rien n’est dit non plus sur une utilisation qui aurait du sens : la lutte mondiale contre la pauvreté et le réchauffement planétaire.

Dessin emprunté au numéro spécial du journal FAKIR

Nous sommes bien loin du problème des retraites pensez-vous ?

Pas du tout : Cette dernière crise financière a failli mettre l’économie occidentale à bas. Les États sont venus au secours des banques, sans contrepartie :

- 700 milliards de dollars du plan « Paulson » aux États Unis ;
- 1700 milliards d’euros dans l’Union Européenne, dont, dans un premier temps 360 milliard pour les banques françaises.

Les états se sont endettés par centaines de milliards pour renflouer les banques. Aujourd’hui ces mêmes états veulent faire payer leurs dettes au peuple. Ce sont les plans d’austérité et les mesures socialement régressives réalisées ou annoncées dans les pays d’Europe : Grèce, Espagne, Portugal, France, Roumanie, Italie, Grande Bretagne, Allemagne etc. Dans la zone Euro on allègue le respect des critères de convergence issus du néfaste traité de Maastrich, confirmé par celui de Lisbonne.
Partout en Europe et pas seulement dans l’Union Européenne, on veut repousser l’âge de la retraite sans pour autant avoir résolu le problème du chômage. En réalité, et le but est maintenant avoué, il s’agit de faire baisser le niveau des pensions versées.

Tarte à la crème et piège à gogo...

La « tarte à la crème » de la démographie largement mis en avant est un piège à gogo. Le raisonnement qui commence par « Il y a aujourd’hui X retraités pour Y actifs, dans 20 ou 50 ans la proportion de retraités aura été multiplée par Z  » est une véritable escroquerie intellectuelle et ceci pour plusieurs raisons.

- La première c’est que l’on ne peut pas opposer les seuls « actifs » aux seuls retraités. Il faut ajouter parmi les « non actifs » tous ceux qui sont privés malgré eux de travail. Le vieil adage « Il vaut mieux payer des retraités que des chômeurs » est toujours vrai. Le raisonnement comptable, bête et méchant parce qu’il ne tient pas compte de la sphère économique non marchande, ne peut avoir un sens relatif que si on tient compte du rapport entre ceux qui sont dans la production de biens et services et ceux qui n’y sont pas, volontairement ou involontairement.
Faire travailler les vieux plus longtemps ne résout rien sur le plan économique et plonge les jeunes dans la désespérance.

- La deuxième c’est que ce raisonnement fait comme si rien n’avait changé dans la production et dans les qualifications. Mais quel rapport y a-t-il entre la productivité d’un OS chez Renault en 1970 qui vissait toujours le même boulon sur la chaine de montage et celle de l’ingénieur ou du technicien supérieur qui supervise seul tout l’atelier d’assemblage robotisé d’aujourd’hui ? Quel rapport de productivité entre la câbleuse Thomson de la même époque qui faisait toujours la même soudure sur les châssis des postes de télévision et l’opératrice de fabrication assistée par ordinateur d’aujourd’hui ?

- La troisième raison est que cette belle assurance concernant les prévisions démographiques est aussi frelatée que celle des docteurs diafoirus en économie qui nous expliquent doctement à longueur d’antenne et d’écran les raisons d’une crise qu’ils ont été incapables de prévoir et qui prétendent savoir mieux que quiconque comment en sortir : il faut se serrer la ceinture, évidemment la nôtre, pas la leur. La prévision est un art difficile, surtout pour le futur comme disait Pierre Dac. Ainsi, à la fin des années 1990, tous les rapports officiels prévoyaient un effondrement de la natalité. Il n’en a rien été. Jusqu’à récemment, les mêmes rapports prévoyaient un effondrement de la population active dans le futur. Les dernières prévisions de l’Insee font maintenant apparaître une augmentation de la population active jusqu’en 2015 puis une stabilisation par la suite.

Dessin de Lasserpe

Partager les richesses !

De 1980 à 2008 le PIB par habitant a augmenté de 52% en France [3]. Si les richesses produites avaient été réparties de façon égalitaire entre toute la population chacun aurait vu ses revenus augmenter de 52 %. Il n’en a rien été. Si une mince couches de dirigeants, de hauts cadres et d’actionnaires ont vu leurs revenus s’envoler, pour les travailleurs les salaires faisaient plutôt du rase-motte.

Cette évolution en défaveur des salariés du partage de la valeur ajoutée ou du PIB est reconnue par ceux-là même qui en sont responsables.

Ainsi la Banque des règlements internationaux. C’est une institution qui réunit chaque mois, à Bâle (Suisse), les banques centrales afin de « coordonner les politiques monétaires » et d’« édicter des règles prudentielles ». Elle constatait dans un document de travail, en juillet 2007 :

« La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’ont pas de précédent dans les quarante-cinq dernières années. » 

Alan Greenspan (ancien directeur de la réserve fédérale américaine), le pape de la finance, disait en septembre 2007 :

« J’ai attendu et j’attends encore quelque normalisation dans le partage du profit et des salaires » car « la part des salaires dans la valeur ajoutée est historiquement basse, à l’inverse d’une productivité qui ne cesse de s’améliorer ». Or « ce découplage entre faibles progressions salariales et profits historiques des entreprises fait craindre (...) une montée du ressentiment, aux Etats-Unis comme ailleurs, contre le capitalisme et le marché. » 

La Commission européenne constate également, dans un document intitulé « L’emploi en Europe en 2007 » que dans le partage des richesses au niveau européen les salaires on perdu plus de 12 points en 31 ans :

« Le graphique 1 et le tableau 1 de la page 240 illustrent l’évolution de la part du revenu du travail au sein de l’Union européenne pour la période allant de 1960 à 2006. Après avoir progressé durant les années 1960 et la première moitié des années 1970 pour atteindre un pic de 69,9 du PIB en 1975, la part du revenu du travail a commencé à décliner progressivement pour atteindre 57,8 en 2006, montrant une part des revenus du travail tombant en dessous de la tendance de ces dernières années »
Douze points de PIB de perdus en 31 ans, c’est-à-dire 12% des richesses créées par les travailleurs et qui leur ont échappés. C’est quatre fois la fourchette haute de l’estimation du COR, le très officiel Conseil d’Orientation des Retraites, pour équilibrer le système en 2050 [4]. Il y a de la marge !

Manifestation Auch 27 mai 2010

C’est là que se situe le grand tabou dont je parlais au début. Profits capitalistes, spéculation financière, circulez, il n’y a rien à voir disent en chœur, le MEDEF, le Gouvernement et même « Terra Nova », cette officine proche du Parti Socialiste qui oppose les retraités aux salariés en activité.

Selon eux tout doit se résoudre par un alignement vers le bas, au nom bien sûr des principes fondamentaux républicains de l’égalité et de la justice : il faut rabaisser tous les citoyens ordinaires dans la mouise au même niveau.

On vit plus longtemps, il est donc évident qu’il faut travailler plus longtemps disent en chœur l’UMP, la droite et Dominique Strauss Kahn, feignant d’ignorer qu’à côté de ceux qui gagnent leur vie en travaillant il y a aussi ceux qui gagnent de l’argent en dormant, comme disait pourtant François Mitterrand. Ceux-là on les laisse tranquilles, ils pourront dormir plus longtemps.

Ainsi, et à l’aide de chiffres falsifiés, on oppose les retraités aux salariés, les retraités du privé à ceux du secteur public etc… Battez-vous entre vous, pendant ce temps vous ne penserez pas au profit que l’on vous a extorqué pensent-ils certainement.

Les médias ont réussi à façonner l’image de Sarkozy comme celle d’un homme qui ne recule jamais. Deux exemples très récents montrent bien qu’il s’agit d’un « trompe l’œil ».

Il a bel et bien retiré son projet de suppression du Juge d’Instruction, devant l’opposition déterminée du monde judiciaire.

Suite à la tempête Xinthia il avait décrété la destruction de toutes les habitations en zone noire. La détermination des habitants l’a obligé à faire profil bas.

Soyons unis et déterminés, nous arriverons à le faire battre… en retraite.

Jean-Claude Bauduret

Contact Collectif Citoyen Gersois : ccgretraites(at)yahoo.fr

Le site "Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites"...

Cliquez sur l’image pour l’agrandir, puis sur "[Zoom]" en bas à gauche de celle-ci pour l’agrandir encore plus :

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BD de FAKIR : « le hold-up tranquille »

BD empruntée au numéro spécial du journal FAKIR : "Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille"...

[1] Soutenu par : AC, AICRA, APF, ATTAC, les Alternatifs, CGT, Confédération paysanne, Institut d’Histoire Sociale CGT, JRG, MRC, NPA, PCF, PG, PRG, SUD Solidaires, UDIRS, les Verts.

[2] Stephan Schulmeister, Institut autrichien pour la recherche en économie, « Une taxe générale sur les transactions financières : un bilan des avantages, des inconvénients et une proposition » 2009

[3] Statistiques de la Banque Mondiale.

[4] La fourchette va de 1,7 à 3%.

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17 commentaires
  • "à se tourner les pousses"

    oui, certains font du jardinage, mais bon... Gaffe, parce que ca nuit à la lecture d’un article très interessant !

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  • De 1980 à 2008 le PIB par habitant a augmenté de 52% en France [3]. Si les richesses produites avaient été réparties de façon égalitaire entre toute la population chacun aurait vu ses revenus augmenter de 52 %. Il n’en a rien été. Si une mince couches de dirigeants, de hauts cadres et d’actionnaires ont vu leurs revenus s’envoler, pour les travailleurs les salaires faisaient plutôt du rase-motte.

    Ce serait vrai si la population n’avait as augmenté dans le même temps... Ce qui n’est pas le cas car, même si elle n’a pas augmenté de 52 %, elle est passé de 53 à 62 Millions (à vu de nez, 15-20 %)...

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  • Bonjour,

    je suis étonné par le fait que vous cherchiez d’entrée de jeu à justifier les retraites par l’utilité sociale ou le passé de cotisant des retraités : est-ce à dire que s’ils n’avaient pas cotisés pendant leur période active (ce qui était le cas lors des premières constitutions de caisses de retraite) ou s’ils ne s’engageaient pas dans une association, il ne faudrait plus rien leur verser ??

    Je suis toujours mal à l’aise quand je vois quelqu’un qui tente de démontrer qu’une idée est fausse en commençant pas s’y soumettre... C’est un peu comme ceux qui militent contre la peine de mort aux USA en arguant qu’elle assassine parfois des innocents (en partant donc du principe que, a contrario, s’ils sont coupables la chose est légitime). On verse une pension aux retraités parce que c’est la seule chose à faire, point.

    Bref, plein de bonnes choses dans votre post, mais je pense qu’il est aujourd’hui nécessaire de prendre davantage de recul si on ne veut pas se laisser piéger....

    En fait, il faut le dire et le redire, la proportion de retraités / actifs n’a aucune espèce d’importance pour l’équilibre économique général. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit exactement du même argent.

    L’argent versé par les employeurs est de toute manière réparti (par le jeu des prélèvements obligatoires) entre salariés, chômeurs et retraités, c’est-à-dire quasiment toute la population adulte. C’est le même argent qui, fictivement, est versé aux salariés, puis prélevé sur les salaires et redistribué aux autres catégories (sous le terme de cotisations "patronales" ou "salariales", mais c’est exactement la même chose : l’entreprise verse 2000 euros, qu’on y prélève 400 € de charges "patronales" et 200 € de charges "salariales", ou l’inverse, cela ne change absolument rien, ni à ce que verse l’entreprise, ni à ce que touche le salarié).

    Prendre aux uns pour donner aux autres, en faisant passer les retraités dans la catégorie salariés, les salariés dans la catégorie chômeurs et les chômeurs dans la catégorie retraités, ne sert qu’à répartir la pénurie et opérer des changements internes qui ne modifient en rien les grands équilibres. Regardez : supposez une société de 10 personnes - 7 salariés, 2 retraités, 1 chômeur. L’entreprise verse 10 000 € aux 7 salariés (1 430 € chacun), on prélève 430 € à chacun pour le donner au chômeur et aux retraités : chacun disposera finalement de 1 000 €.

    Si on modifie la proportion d’actifs, par exemple avec 5 salariés, 3 retraités et 2 chômeurs (disons que les gains de productivité ont permis de produire la même chose avec moins de salariés, et que la démographie a entraîné une augmentation du nombre de retraités), le résultat sera exactement le même : l’entreprise verse ses 10 000 €, on les donne aux 5 salariés (donc 2 000 chacun), à qui on prélève 1 000 € chacun pour les verser aux 5 autres. Et cela marche pour n’importe quel ratio de population, tant qu’il y a suffisamment de salariés pour produire ce que l’entreprise vend à ces 10 personnes.

    Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas comme ça ? Parce que, naturellement, l’entreprise n’employant plus que 5 salariés, elle ne voudra verser que 5 salaires à 1 430 €, le montant "d’avant", et non 5 salaires à 2 000 sur lesquels on pourrait prélever 1 000. Et je ne parle pas ici des délocalisations ni des réductions de charges...

    Ce sont les gains de productivité qui faussent l’équilibre né après guerre, et les délocalisations qui le font empirer, en permettant à l’entreprise de diminuer la masse salariale sans contrepartie, alors qu’il faudrait entièrement revoir le système de prélèvements sociaux pour ne plus l’asseoir sur les salaires - à moins de revaloriser parallèlement les salaires et les cotisations dans une proportion équivalente, ce qui revient en fin de compte à prélever le manque à gagner sur le bénéfice des entreprises... lesquelles verront ainsi leurs gains de productivité annulés, ce qui est après tout dans la logique des choses : en économie comme en chimie, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. On ne peut parler de création de richesses (ou de destruction) que lorsqu’on voit les choses d’une manière isolée des autres - c’est du reste la méthode archi-courante de la propagande néo-libérale : isoler les systèmes pour fausser la perception de leur équilibre et de leur fonctionnement.

    Bref, au vu du schéma ci-dessus, on comprend qu’il serait aussi vite fait de donner directement 1 000 € à chacun, d’embaucher le nombre de salariés (les plus jeunes) exactement nécessaires pour produire ce qu’il faut pour faire marcher cette micro-société (sans oublier de diminuer le temps de travail si besoin : mieux vaut 7 salariés à 25 heures que 5 salariés à 35 heures+2 chômeurs), et de mettre à la retraite les autres...

    Au boulot donc !! Ou pas.

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    • Dire que l’on verse une retraite aux retarités parce qu’il n’y a pas autre chose à faire est une position moraliste un peu facile. On ne l’a pas toujours fait. Pendant très longtemps et encore aujourd’hui dans certains pays il n’a pas existé ou il n’existe toujours pas de système de retaites. C’est la solidarité famillialle qui joue, les enfants prenant en charge- plus ou moins bien ou même pas du tout -leurs parents incapables de continuer de travailler. Le système de retraite ne s’est pas imposé comme une évidence à un moment donné. Il est le résultat de luttes sociales apres, violentes. Il ne faut pas confondre la charité avec la solidarité.Il serait complètement scandaleux, injuste immorale et intenable que quelqu’un qui n’aurait jamais cotisé touche la même retraite que celui qui a cotisé toute sa vie active. C’est ce fait d’avoir cotisé pendant son activité de salarié qui donne un droit à la retraite, droit d’ailleurs garanti à juste titre par la loi. Ce système permet de s’arrêter de travailler non pas lorsqu’on est dans l’incapacité physique ou intellectuelle de continuer, mais lorsqu’on est encore en capacité de jouir de la vie. Cela n’a pas toujours été le cas, Bismark, inventeur du système que nous connaissons (il y a eu bien d’autres expériences avant) avait fixé l’age de la retraite à 65 ans....parce qu’il correspondait à l’espérance de vie de l’époque. La retraite est le seul moment de l’existence où on est complètement libre de faire ce que l’on veut. Individuellement ce droit est acquis par les cotisations que l’on a versé antérieurement. Relisez attentivement mon texte, je n’ai jamais prétendu que la retraite se justifiait par des actvités dans des associations ou autres mais j’ai voulu casser l’image que presque tout le monde a dans la tête, des papies qui ne font rien d’autre que jardiner, aller à la pêche garder les petits enfants, et voyager quand ils en ont les moyens. Certes, ils le font et en ont tout à fait le droit mais ils ont font aussi plein d’autres choses, qu’ils choisissent librement de faire et qui ont une utilité sociale et même parfois économique incontestable.

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      • BONJOUR je suis tout a fait d accord , lesPAPY et MAMY ne se roulent pas les pouces comme l on croit S ils ont installé un jeune , la plus part ont règlé ,freres et soeurs , et donné gratuitement par le fermage , l installation du survivant du systeme ,pour ( La mise aux normes )obligatoire pour produire sur un marché ,qui se joue a la bourse dans la speculation Pour aider physiquement ,aux travaux pour sauver ce qui peut l etre , ?..ETaussi financierement avec la maigre retaite agricole l orsque l on vit ensemble VOILA LA DURE REALITÉ !!!! Pensez vous que ceux qui sont censés nous defendre aient VRAIMENT COMPRIS CELA ???? ON NE VOIT QUE DES PRIERES !!! c est TOUT

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        • je suis daccord avec cette vision.je connais un couple d agriculteurs de 80 ans qui ont donne a leur fils leur propriete gratuitement pour installation durement gagnee pendent 60 ans .la mise aux normes a suppose des emprunts enormes .qu il ne pourra peut honnorer . avec risque de saisie et perte du bien . du fait que les prix agricoles ne sont plus garantis . meme s il touchent des aides compensatoires .ca ne suffira pas. les parents retraites ont a eux deux 1000 a 1100e parmois .ils vivent avec leur fils pour survivre dans un souci intance de voir peut etre qu il sera depouille du bien . avec des consequances graves pour eux .la desertification de nos campagnes est la .voila la verite oui la verite que tout le monde cache la retraite agricole se vit comme ca . la honte

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  • Bonjour,

    VOUS OUBLIEZ UN TRUC !

    Non, contrairement à ce qui est sous entendu, nous n’allons pas vers une retraite à 70 ans, ou le travail à vie (que certains accepteraient !)

    C’est pire que ça.

    Les vieux seront de toute façons indésirables au boulot, et ce d’autant plus tôt qu’il n’y aura pas de travail pour tout le monde. Donc, si votre fils ne veut ou ne peux pas s’occuper de vous à la maison (comme cela se faisait autrefois lorsque tout les français ou presque étaient paysans) vous allez crever de faim (en silence s’il vous plaît !) C’est pour éviter ça que les retraites ont été inventées !

    Non, les retraites ne sont pas cadeaux de vacances mais bien une nécessité sociale. Et c’est cela que nous laissons filer petit à petit... Jusqu’à confiscation ! (Déjà inéluctablement programmée.)

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  • En ce qui concerne la solidarité inter générationnelle, il m’est venu une idée tirée d’un constat. La solidarité ne fonctionne pas que dans le sens montant, des salariés vers les retraités mais aussi de plus en plus dans le sens descendant, des retraités vers les jeunes générations. Avec la baisse des salaires des adultes, le chômage, la précarité, j’ai plein d’exemples où ce sont les grands parents qui assurent pour les jeunes, aident à payer un permis, financent des études, payent la caution d’un premier appart... Si on baisse les retraites, c’est tout ce soutien aux jeunes qui va disparaître ou diminuer.

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  • Deux nouveaux RDV du COLLECTIF CITOYEN GERSOIS :

    Le 15 juin 2010 à 20 H à Fleurance, salle « Le Méridional », rue Alphonse Cadéot.

    Le 16 juin 2010 à 20h30 à Valence sur Baïse, salle de la mairie.

    L’avenir des retraites est en jeu, venez nombreux !

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  • Je suis surpris d attendre bien mieux , que la misere que nous touchons ;IL ya 63 ans ( les ACCORDS DU GATT ) et les autres MAASTRICH ,MARAKECH ;et pour finir le (CONGRES DE VERSAILLES) qui ont mis notre pays a genoux /, PRIVÉ DE NOS DÉCISIONS NATIONALES / laissant libre cour a la crise financiere ,que nous devons PAYER !!.. il n y a pas d autres solutions . Étant respectueux du suffrage universel ,je considere que les FRANCAIS MAJORITAIREMENT . L ONT VOULU AINSI !!!!....

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    • Les français l’ont-ils vraiment voulu ainsi ? Ont-ils été consultés pour la création de l’OMC, qui a succédé au GATT et qui est actuellement dirigé par le socialiste français Pascal Lamy ? Ont-ils été consultés pour la création du FMI ? Ces deux organisations sont les fers de lance de la mondialisation néolibérale qui a les conséquences sociales catastrophiques que vous connaissez. Lorsqu’il ont été consultés sur le traité de Maastricht ils étaient pratiquement 50/50, malgré tout le battage médiatique qui faisait passer les partisans du "NON" pour des imbéciles qui n’avaient rien compris. On mesure aujourd’hui à quel point les partisans du "NON" avaient raison. Mais c’est vrai, à une très faible majorité, les français ont dit oui. Il n’en pas été de même pour la "Constitution européenne", ils l’ont rejeté à 55%. Ceci n’a pas empêché nos parlementaires de voter sa copie conforme qui est le traité de Lisbonne à 86%. Cherchez l’erreur... A un moment ou un autre de la construction néolibérale de l’Union Européenne, le Danois, les Hollandais, les Irlandais, les Français ont dit non. Leur gouvernement n’en a jamais tenu compte. Pour le traité de Lisbonne aucun peuple n’a été consulté, sauf les Irlandais, par obligation constitutionnelle. Prudemment, les gouvernements préfèrent la voie parlementaire. Cela pose une grave question à notre démocratie : les parlementaires, représentants du peuple sont-ils représentatifs de celui-ci ?

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      • Monsieur.je m excuse de répondre anonymement ,je suis agé et complètement dépité de la manière dont on fait de la politique en ce moment !..Je partage totalement votre inquiétude au sujet du manquement de nos ELUS ; par rapport a tout ce ce qui se passe en ce moment RETAITES SALARES DROITS aquis par le CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE en 1944 ,A lépoque jai connu des hommes, des partis politiques de droite et de gauche qui avaient la FOI de l intéret suprème de la NATON ET DE LA REPUBLIQQUE .Aujourd ui je ne vois rien de tout cela !..et suis très inquièt pour l avenir de la REPUBLIQUE .C est pour cela n ayant confiance en rien je n appartiens a aucun parti ni association , M ais je (VOTE) !!! .Cependant 48 , 8 pour cent d abstention aux dernières élections ; doivent interpeler sérieusement les citoyens les democrates et les ELUS !!!!!! de notre pays OU ???. alors on peut craindre le pire !!! La politique je l observe avec méfiance , ça ressemble a de l utopie /Ce sont des union BIDON !. qui mettent 48,8 de de citoyens hors jeux de la REPUBLIQUE .c est un ramassis de courants de pensèe ,souvent antagonistes qui n ont pas grand chose en commun , si ce n est que d ètre ELU a tout PRIX ,c est comme cela que le citoyen moyen en a le doute ( dans le doute abstient toi ) !! Tel est le sentiment de chacun , et c est GRAVE !!. L UNION au premier tour pour moi est une UTOPIE ça prive de choisir , et c est anti démocratique . Ca ressemble a un SCHAAKER quand vous avez touyé ; secoué ,agité , il reste un coktail trouble a boire , sucré pour certains , amers pour la majorité ; c est pour cela que les retraites les salaires les droits ,sont anéantis dans cette économie LIBERAE !!!!!..

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Retraites : une réponse à la propagande des médias, du MEDEF et du gouvernement...
Par @gora 32
Publié le: 9 juin 2010
- Dans la rubrique: REFLEXIONS
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